Quand t’es en peine d’amour, la chose à faire, c’est d’arrêter d’y penser. Le problème, c’est que c’est pas mal plus facile à dire qu’à faire.

Parce c’est dans ces situations que ton cerveau te trahit le plus: momentanément, il joue pu dans la même équipe que toi.

T’as beau t’appliquer à t’occuper pis à te changer les idées, lui, y s’attarde juste à TOUTES les affaires inimaginables qui te ramènent à ta tristesse. Pis y’en manque pas une,  y compris les plus insignifiantes. Une chanson de son groupe préféré à la radio, un gars en avant de toi qui y ressemble vaguement de dos… et de loin, la sorte de ses céréales à l’épicerie, passer devant le café où vous vous êtes rencontrés,  son mets préféré sur un menu, un gars avec un manteau qui ressemble un peu au sien, ben d’la même couleur en tk. Etc., etc., etc. Que la télévision me renvoie ton regard, qu’on appelle ton prénom dans un aérogare,  rajouterait Isabelle Boulay.

Pis des fois, tu fais juste penser à de quoi de drôle et la ça te fait sourire, même rire un peu intérieurement. Pis c’est dans ce rare moment d’accalmie que ton traître de cerveau en profite pour t’envoyer la phrase: ”Eille ça, y’aurait trouvé ça crissement drôle !” Salaud.

Le pire c’est le soir quand tu te retrouves toute seule chez toi. Tu écoutes la télévision, tu perds ton temps sur Facebook mais ton cerveau ne te donne aucun répit. Tu peux pas te concentrer plus de quelques minutes sur quelque chose sans qui te ramène encore à l’autre. Faque là tu décides de hacker ton cerveau par flood, c’est-à-dire en le surchargeant. Tu commences à répéter en boucle: ”Arrête de penser à ça, arrête de penser à ça, arrête de penser à ça…” de façon compulsive et en continu. Sans arrêter. Pis là, vu que tu dors pas très bien pis que t’es fatiguée, tu commences à trouver que ça fait comme un beat. Faque tu commences à dodeliner de la tête en continuant de répéter les  mots mais en ajoutant des variantes du genre: ” AAAAAAAAAArrête, de penser à ça ça ça ça, de penser é é é é à çaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!” Le tout en hochant de la tête pis en te balançant un peu sur ton divan à la manière d’un autiste en crise. Mais ça marche! Faque tu continues en commençant à te trouver drôle.

Jusqu’à ce que ton cerveau choisisse ce moment de pathétisme extrême pour t’envoyer la phrase: ”Eille ça, y’aurait trouvé ça crissement drôle!” …

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