Il y en a beaucoup comme ça. Des gens qui ont l’amour facile, qui tombent en amour plus vite que la fréquence à laquelle je passe ma balayeuse. J’en ai rencontré quelques-uns dans les dernières années avec toujours le même résultat : moi qui disparais.

En gros, ça se passe pas mal toujours de la même façon. Je rencontre quelqu’un, ça clique, on se voit régulièrement, tout se passe bien, c’est agréable. Puis, après même pas un mois, l’autre se lance dans des déclarations complètes du genre tu es mon âme sœur, l’amour de ma vie, je t’aime, je t’aime tellement! Pis là, moi, ça me fait capoter. Surtout que je dis toujours d’emblée que moi, j’avance lentement, que je prends mon temps. Pis l’autre est toujours ben d’accord avec ça. Jusqu’à ces déclarations précoces.

Honnêtement, je ne comprends pas. L’amour, c’est pas facile de même. Enfin oui, c’est censé être facile mais ça ne vient pas aussi rapidement que ça. Pas pour moi. Pas selon moi. C’est comme dans l’air du temps de consommation rapide. Je te vois, je te veux donc je t’aime. Il y a pourtant une marche énorme entre être bien avec une personne, apprendre à la connaître en savourant chaque instant passé avec elle et ressentir de l’amour.

Je veux dire, si je ne te connaissais ni d’Êve ni d’Adam avant notre rencontre, c’est impossible que tu m’aimes, que tu m’aimes vraiment après un si court laps de temps. Admettons qu’on se soit vus 2-3 fois par semaine, même si on a passé du temps de qualité, on s’est vus quoi, même pas 10 fois? C’est clairement pas assez pour développer de réels sentiments amoureux. On commence à peine à s’apprivoiser.

Ce que tu ressens, c’est de l’attirance, du désir, de l’admiration, une envie de continuer à connaître l’autre, de passer plus de temps en sa compagnie. Et tout ça, ça peut se dire, ça peut très bien s’exprimer, se murmurer, se susurrer au creux de l’oreille.  Mais l’amour, c’est bien au-delà de ça. Cette incompréhension de l’amour, cette incapacité à faire la différence me fait peur et me rebute. Ça m’indique non seulement qu’on n’a pas la même vision de l’amour mais, en plus, je me demande si seulement tu sais ce que c’est.

Ce qui sonne le glas, c’est souvent que, suite à ces déclarations trop intenses, on entre dans une phase où on s’éloigne inévitablement. Je mets des bémols. Je tempère. Mes réponses du type je suis bien avec toi ne te comblent pas. Tu banalises tes propos mais en même temps ils sont là, dans tes yeux. Ton espoir est tangible. Tu te languis de mes je t’aime qui n’arrivent pas. Tu as des attentes avec deadline. Tu les répètes ces mots que tu varlopes. Et moi j’ai juste envie de me pousser. Je m’éloigne, tu capotes, je me pousse définitivement. Tu dis que tu as le coeur brisé mais ton coeur, il aurait pas dû avoir l’amour facile comme ça. Il aurait pas dû s’en faire accroire pis anticiper des sentiments qui ne peuvent exister si rapidement. On est pu des ados pour penser que 2-3 semaines suffisent pour aimer pour vrai.

Et là, oui, ça m’est aussi arrivé être intense de même. L’espèce de sentiment coup de foudre auquel on croit quand ça nous arrive la première fois. Le cœur qui chavire, qui se met tout à l’envers au moindre contact d’une personne qu’on connait à peine. Mais le coup de foudre, c’est un coup, justement. Ça vient one shot, ça te frappe en pleine gueule et ça repart tout aussi vite. Parce que c’est pas de l’amour.

Je l’ai vécu et j’ai compris que j’étais en amour avec la projection que je m’étais faite de cette personne à partir du peu d’informations que j’avais. J’ai imaginé, construit le reste et, bien entendu, c’est toujours très loin de ce qu’est réellement la personne. C’est une euphorie éphémère basée sur un grand rien que tu remplis avec des espoirs et des voeux. Rendue à la mi-trentaine, ceux qui n’ont pas compris ça me font peur.

Le coup de foudre, c’est un coup de cœur, pas un coup d’amour. Oui, l’amour peut se bâtir sur un coup de cœur mais le coup de cœur n’est pas l’amour.

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