Je l’avais rencontré sur Internet. On avait jasé un peu chaque soir pendant une bonne semaine avant que j’accepte de le rencontrer. Un souper dans un restaurant de poulet connu au Québec (Sans le nommer, ça commence par Saint et se termine par Hubert).

Je me présente quelques minutes avant l’heure convenue. Il est déjà là. C’est un bon début. Il m’accueille avec un grand sourire et me semble très sympathique. On arrive à notre table, j’enlève mon manteau et je m’assois. Là, je remarque que l’expression de son visage a changé. Il a comme l’air déçu et agacé. Ne comprenant pas, je lui pose la question.

– Ça va?

– Oui oui

– Ok. C’est parce que ta face me dit le contraire…

– Non non, c’est rien.

C’est rien. Ben oui, c’est ça. Ça prenait pas la tête à Papineau pour voir que y’avait clairement quelque chose qui le chicotait. Un malaise s’était installé, je ne savais pas pourquoi, mais c’est clair que ça me tentait pas de souper dans cette ambiance-là.

– Ok… c’est juste que ton rien a l’air ben décevant.

– …

– On serait peut-être mieux d’en parler tout de suite plutôt que de passer une soirée de marde. Tsé moi ça me dérange pas de rentrer chez nous.

– C’est juste que… tsé…

Il est comme pas capable de finir sa phrase. Il me regarde avec la face toute rouge, il bafouille, fait des gestes incompréhensibles avec ses mains.

– Je ne suis pas ton genre finalement? Pas de problème, ça arrive tsé.

– Non pas vraiment ça…

Là je commence à être pas mal tannée. Je ne sais pas c’est quoi le problème mais j’ai pas envie de niaiser de même encore longtemps.

– Ben c’est quoi d’abord? Dis-le parce que moi je suis vraiment sur le bord de sacrer mon camp.

– Ben…

Il prend une grande respiration. Je m’attends au pire genre j’ai une blonde mais je ne te l’ai pas dit ou un truc du genre.

– C’est juste… T’aurais pu mettre du linge de célibataire. Voilà, c’est dit.

Il y a comme un délai dans ma tête. De qué cé??

– Euh… hen???

– T’aurais pu mettre du linge de célibataire!

– Je suis habillée pis je suis célibataire donc je pense pouvoir affirmer que je porte du linge de célibataire.

– Non mais tsé…

Il descend les yeux vers mes seins. Et là je comprends. Le gars, qui cherchait une relation sérieuse, aurait préféré que je m’habille ben sexy avec un décolleté plongeant pour notre première rencontre. Pis là, ben y’était déçu. Pas que j’avais l’air de la chienne à Jacques, mais, selon lui, mon linge aurait dû crier JE SUIS CÉLIBATAIRE! en étant sexy. J’aurais dû lui montrer mes seins pour me vendre.

– Je t’avais dit que j’étais du genre casual dans mon style vestimentaire. Le look sexy et moi, c’est pas vraiment fusionnel.

– Je sais mais tsé, pour la première rencontre… C’est juste… tsé…

– C’est juste que t’es déçu de ne pas voir ma craque. C’est correct. Moi aussi je suis déçue tsé. Toi du contenant, moi du contenu. Bref, je te souhaite une belle soirée.

Sur ce, j’ai pris mon gros manteau de célibataire et je suis partie avant même d’avoir commandé.

Du linge de célibataire. N’importe quoi.

 

 

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