L’euphorie des débuts. On se voit, on rit, on se colle, on fait l’amour pis on trippe juste de se regarder dans les yeux. Nos âmes et nos corps qui se découvrent alors qu’on se raconte un à l’autre. L’impatience de se revoir au détour d’une journée. C’est beau.

Mais il y a aussi les malaises des débuts.

Et là, des malaises, il peut y en avoir une barge pleine, surtout pour quelqu’un d’anxieux. Un des pires pour moi, c’est celui des premières présentations. Mais ça, le hasard s’en charge souvent. Exemple, ça fait deux trois semaines que tu vois quelqu’un, tu sors au restaurant un soir et paf!, y’a un membre de ta famille ou un de tes bons amis directement à la table à côté. Coïncidence (la vie qui te donne une bine sur l’épaule avec un petit sourire en coin). Les premières présentations qui s’imposent d’elles-mêmes. Tu trippes pas, t’es pas à l’aise.

Tu restes volontairement silencieuse sur le statut en prenant soin de ne mentionner que son prénom lors des présentations. Mais la stratégie du vague, c’est comme stimuler la curiosité. Ça vient souvent en combo avec la phrase : c’est tu ton chum?, dite sourire en coin (bine sur l’épaule et parfois même clin d’oeil pas subtil).

Cette phrase-là, dans les débuts, ce n’est que du malaise. Un gros 52 pieds rempli de malaise pur qui te frappe à grande vitesse. Ta face fige avec l’expression d’un bambi sur l’autoroute à la vue du même 52 pieds. Le sourire te coince au niveau minimal et se tord d’un quart de tour. La sueur de stress commence à se rassembler avec enthousiasme à ses endroits préférés.

– Euh…

Ça c’est la seule réponse que ton cerveau réussit à trouver parce que là, il surchauffe. Ton regard paniqué passe du questionneur à l’homme en question. Il y a comme un flottement pendant que ton cerveau spinne. On s’affiche tu comme un couple? Comme des amis? Comme une fréquentation? Tu ne sais pas. Tu ne sais pas si c’est une relation. Vous avez pas eu cette discussion. Tu ne veux pas déjà avoir cette discussion. Tu n’as pas assez d’éléments pour savoir si tu peux te projeter dans un moyen ou long futur.

– Oups, malaise!, prend soin de rajouter ton interlocuteur, question de faire lever le party dans les rassemblements de sueur.

Rire nerveux, regard en coin vers l’homme en question, détournement du sujet, dissipation éventuelle du malaise. (Fin de l’exemple)

Bref, je me rends compte que je suis de plus en plus parano sur le fait de présenter un nouvel homme à mes proches. Pour moi, une nouvelle relation c’est un peu comme une grossesse… même si je suis ben excitée, j’aime mieux me garder une p’tite gêne pis attendre 3 mois avant de penser à mettre ça public.

J’ai pu envie de présenter quelqu’un pis que ça avorte encore avant de devenir quelque chose qu’on aurait pu appeler une relation. J’ai pu envie de répondre à la question pis, le gars qui t’accompagnait l’autre fois? J’ai pu envie de sentir le jugement qui vient avec la réponse, surtout que j’ai des antécédents de fuite rapide. Ah. Une fois de plus. Y’avait l’air fin pourtant. Dommage… T’es difficile pis compliquée toi hen (bine sur l’épaule, sourire en coin et clin d’oeil pas subtil).

 

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