Pour les célibataires, à la St-Valentin, c’est pas l’amour qui est éternel, mais le temps.

Le temps qui s’écoule au compte-goutte, qui refuse de te donner le bonheur de juste passer. Pis y s’y est pris d’avance ce temps-là. Y s’installe tu suite après les fêtes de fin d’année, ajoutant furtivement des coeurs ici et là. Plus tu approches de février, plus y’en a. Pis quand le 1er de ce mois glacial arrive, c’est le free for all. Des tit-culs en bobette armés d’un arc, en veux-tu, en v’la! De quoi exciter les pédophiles.

Le 14, le fameux jour, là c’est pire. Parce que tu peux pas t’en sauver. Y’a rien à faire, tu peux juste pas l’ignorer. Oublies-ça aller faire tes commissions tranquille. Même si t’arrives à ignorer les tablettes qui rougeoient de marchandises d’occasion, tout le monde ne parle que de ça. Ça te poursuit jusque chez vous où dès que tu ouvres la télé, toutes les émissions sont  thématiques. Pis ton facebook contaminé te vomit des nouvelles teintées de rouge et blanc en cascade.

Pis comme le sablier du temps semble prendre un malin plaisir à diviser chaque grain de sable en 20 avant de l’écouler, c’est atroce. C’est atroce parce que tout ce que tu t’appliques à faire depuis un bout, c’est de ne pas y penser, à l’amour. Pis que là, t’as pas le choix. On te l’impose. On te force à  penser à ce que tu essaies tant d’obnubiler. Faque c’est là, dans un moment de vulnérabilité totale, que tu le fais.

Tu fais ce que ta santé mentale, ton cerveau pis ton honneur t’avaient interdit: tu envoies un message à ton ex. Tu le sais qu’y te répondra pas parce que pour lui, tu as cessé d’exister. Tu le sais que tu fais une belle niaiserie, inutilement en plus, pis que ça va juste te faire mal. Tout ton être te crie son désaccord. Tu t’écoeures toi-même. Mais voilà. Tu le fais pareil.

Bref. C’est la fête de l’amour, mais c’est là que tu vois que tu n’as toujours pas retrouvé ton amour-propre.

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