Récemment, je terminais le texte La trentaine toujours pas adulte par ‘‘J’apprends à être imparfaitement moi-même et m’aimer pareil’’. Ça m’a marquée. C’est loin d’être facile, surtout pour quelqu’un d’anxieux. La société nous pousse de plus en plus à voir les divers aspects de la vie en termes de performance, d’efficacité, de productivité. De réussite ou d’échec. Je le remarque de plus en plus chez moi. J’ai tendance à me demander l’impossible, à vouloir être bonne dans tout. Même si je sais que c’est impossible, que ça marche pas de même la vie. Je m’impose des normes inatteignables, je me stresse avec des expectations qui n’existent que dans ma tête, qui ne me sont imposées par personne d’autre que moi.

 

L’obsession de la performance, ça tire ses racines de là. Vouloir à tout prix être parfaite et se sentir mal de ne pas réussir. Comme si la vie se devait de toujours être efficace. Comme si tout ce qu’on fait devait être justifié par des critères quantitatifs. Comme si on devait être de niveau olympique pour tout.

 

Je suis tellement habituée à envisager les choses sous cet angle de productivité que ça teinte tout le reste. J’ai tendance à calculer mon efficacité, à juger de ma performance en permanence. À me décevoir de ne pas être à la hauteur de mes attentes trop élevées, tout le temps, dans tout ce que je fais. Quitte à me sentir coupable de ne pas réussir. Quitte à en avoir mal au cœur à force d’angoisser. Quitte à abandonner quelque chose que j’aime parce que je n’excelle pas comme désiré.

 

J’ai d’ailleurs arrêté d’écrire pendant longtemps parce que je ne suis pas aussi performante que ce que je voudrais. Parce qu’il y a plein de gens tellement meilleurs que moi. J’ai arrêté le dessin pour les mêmes raisons. On connaît tous quelqu’un qui a abandonné une activité sous ce prétexte. Comme si ne pas être dans le top justifie de tout laisser tomber. Comme si un loisir ne pouvait pas être un simple loisir, peu importe notre niveau de performance. Pourquoi s’imposer de telles normes? Certaines choses ne devraient être justifiées que pas le plaisir personnel qu’on en retire. C’est cependant plus facile à dire qu’à faire.

 

Il ne faut pas se comparer aux autres mais uniquement à soi-même. Et je suis d’accord. Malgré ça, je trouve le moyen de me mettre de la pression pour performer. Par exemple, ce blogue que j’ai commencé à alimenter pour le plaisir de l’écriture. Parce que tant qu’à écrire, il faut bien partager ses textes à un moment. C’est un petit projet que j’ai parti comme ça, sans attente, pour me motiver à écrire. Je me suis rendue compte que c’est aussi devenu quelque chose pour lequel je tente de performer. Et ça me stresse quand j’ai l’impression que je n’y arrive pas. Je n’ai pas le temps d’écrire pendant une semaine? Je me sens coupable. Je réutilise une ancienne image ailleurs qu’un jeudi? Je me sens mal de ne pas fournir la marchandise comme je l’avais envisagé au départ. Pourtant, personne ne me le reproche. Personne n’est fâché. Personne n’est déçu de ma performance. Personne sauf moi. Et ça ne devrait pas.

 

J’en prends de plus en plus conscience. J’essaie donc de me forcer à faire des choses pour le plaisir, sans pression. Redécouvrir l’envie d’être moi sans contraintes. Arrêter de m’imposer des attentes pour tout. Accepter mes nombreuses lacunes. Devenir imperméable à la culpabilité inutile. Ne pas me décevoir moi-même pour des choses qui devraient relever uniquement du plaisir. Apprivoiser l’échec.

 

Être imparfaitement moi-même et m’aimer pareil.

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